Series
Dec 20, 2025
Ces séries qu’on ne regarde plus vraiment, mais qu’on laisse tourner
Ces derniers mois, les plateformes multiplient les retours.
Suites, reboots, variations autour de séries déjà connues.
That ’90s Show, Frasier, How I Met Your Father.
Le passé revient, remis au goût du jour, légèrement réajusté.
En parallèle, les séries originales continuent d’être massivement regardées.
Friends, The Office, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory.
Pas comme des nouveautés.
Pas comme des événements.
Mais comme des habitudes.
Une consommation qui ne dit pas son nom
Ces séries-là ne sont pas relancées officiellement.
Elles ne font pas l’objet de campagnes spectaculaires.
Et pourtant, elles restent présentes dans les usages quotidiens.
On les lance en rentrant.
Entre deux tâches.
Parfois sans même regarder l’écran.
Ce n’est pas un visionnage attentif.
Ce n’est pas un rattrapage.
C’est autre chose.

How I Met Your Mother © FOX Television
La série comme fond sonore
À la différence des nouvelles productions, pensées pour être suivies, analysées, commentées, ces séries n’exigent rien.
On connaît les dialogues.
Les situations.
Les visages.
Elles ne demandent pas d’effort.
Pas de mémoire.
Pas de disponibilité totale.
Elles accompagnent.
Dans un paysage saturé de récits complexes, de twists constants, de saisons conçues comme des énigmes, ces formats anciens proposent une alternative silencieuse :
la stabilité.
Ce que les reboots révèlent en creux
Le retour des sitcoms sous forme de reboots ou de suites n’est pas anodin.
Il ne s’agit pas seulement de nostalgie.
Il s’agit de reconnaissance.
Les plateformes savent que ces univers sont déjà intégrés dans les vies des spectateurs.
Qu’ils rassurent.
Qu’ils ne demandent pas d’apprentissage.
Mais ce qui est frappant, c’est que les versions originales continuent d’être regardées en parallèle.
Souvent plus que leurs déclinaisons récentes.
Comme si l’on cherchait moins à revivre une histoire qu’à retrouver une présence familière.

The Big Bang Theory © Chuck Lorre Productions
Regarder sans attendre
Ces séries ne promettent rien.
Pas de choc narratif.
Pas de révélation finale.
Pas de fin à anticiper.
Elles sont là.
Disponibles.
Prévisibles.
Les laisser tourner, c’est peut-être refuser, pour un moment, l’intensité permanente que la culture impose.
Refuser que chaque moment de loisir soit transformé en expérience marquante.
Une autre manière d’habiter les récits
Ce rapport détaché aux séries n’est pas un désintérêt.
C’est une transformation.
La fiction devient un environnement.
Un bruit doux.
Une forme de compagnie.
Dans un présent instable, fragmenté, saturé de sollicitations, ces séries-là ne cherchent plus à capter l’attention.
Elles la respectent.
Et peut-être que leur véritable actualité est là :
dans cette capacité à rester,
sans demander d’être regardées.




