Musique
Dec 18, 2025
FKA twigs : l’after-party cosmique arrive très prochainement à Paris
Il y a des albums qui se vivent comme des soirées dont on ne veut jamais que l’aube arrive. Avec Eusexua Afterglow, FKA twigs signe un quatrième opus studio qui prolonge l’extase de son précédent Eusexua et transporte l’auditeur dans un univers où le désir, la transe et la lumière blafarde du matin se confondent. À 37 ans, la performeuse britannique revient à Paris pour un concert unique le 8 juin 2026 à l’Adidas Arena, et c’est bien plus qu’un rendez-vous musical : c’est une invitation à explorer le corps et l’esprit, à l’instant précis où le monde se déconstruit après la fête.
Depuis ses débuts, FKA twigs façonne une œuvre où la musique ne se contente jamais d’être écoutée. Elle est ressentie, incarnée, vécue comme une expérience physique. Eusexua Afterglow s’inscrit dans cette continuité, tout en déplaçant légèrement le regard : ici, il ne s’agit plus du pic, mais de ce qui reste une fois l’euphorie passée, quand les corps ralentissent et que les sensations persistent.
Après la rave, l’aube
Eusexua Afterglow n’est pas seulement la suite d’Eusexua ; c’est la bande-son d’un après-fête prolongé. Onze morceaux condensent une transe consciente d’environ quarante minutes, où les basses granuleuses, les nappes synthétiques filantes et les percussions incisives dessinent un paysage sonore futuriste, à la fois minimal et chargé.
Des titres comme Sushi, Touch A Girl, Stéréo Boy — dont le phrasé évoque Björk — ou Wild and Alone, en duo avec PinkPantheress, transforment chaque pulsation en expérience sensorielle. Rien n’est frontal ; tout se joue dans la répétition, la tension, l’insistance. La musique avance par ondes, comme un corps qui reprend lentement conscience de lui-même.
On entend presque la voix d’une intelligence artificielle confrontée au désir, cherchant à comprendre ce qu’il y a de plus humain dans l’extase. L’album, pensé pour savourer l’après-rave, impose une immersion totale, où la sensualité devient matière sonore, et où l’érotisme n’est plus un motif narratif mais un processus vivant, palpable et volontairement troublant.

Eusexua Afterglow © FKA Twigs album
Une sensualité sculptée dans le son
Depuis LP1 (2014), FKA twigs explore le corps comme instrument et comme territoire politique. Avec Magdalene(2019), elle mêlait blessure et extase, transformant la vulnérabilité en dramaturgie musicale. Eusexua Afterglow prolonge cette réflexion, mais dans un registre plus introspectif et sensoriel.
Ici, le désir n’est pas symbolique : il est tactile, sonore, vibrant. Le terme Eusexua, qu’elle associe à cet instant de lucidité transcendante juste avant l’orgasme, condense cette approche singulière. Chaque note, chaque souffle, chaque synthétiseur est sculpté pour traduire l’intensité d’une pulsion, comme on polit une relique précieuse.
Cette précision presque chirurgicale dans la production révèle une artiste qui maîtrise autant le geste musical que le discours corporel. Chez FKA twigs, le son n’habille pas le corps : il est le corps.
Une promotion à son image : mystérieuse et audacieuse
Si l’album fascine, sa stratégie de dévoilement n’est pas en reste. Après Eusexua, FKA twigs promet une version deluxe, dévoile de nouveaux morceaux, puis annonce… un autre album, Afterglow, lors d’un festival néerlandais. On découvre finalement qu’il ne s’agit pas d’une simple extension, mais d’un corpus inédit de onze titres, confirmé par une mise à jour d’Eusexua incluant un remix avec l’Américaine Eartheater.
Même dans la communication, la Britannique refuse le prévisible. Chaque annonce devient un geste artistique, chaque révélation une mise en scène. La sortie de l’album se transforme ainsi en performance globale, où l’attente, le mystère et la fragmentation font partie intégrante de l’œuvre.

FKA twigs aux NME Awards 2020 © Andy Ford
Paris, avant-première et transe collective
Le 8 juin 2026, Paris accueillera cet univers sur scène pour un concert unique à l’Adidas Arena, dans le cadre de la tournée internationale Body High Tour. La première partie sera assurée par le musicien américain Yves Tumor, autre figure majeure des esthétiques hybrides et radicales.
Sur scène, on peut s’attendre à une performance où la danse, la lumière et la musique fusionnent pour créer une expérience totale. Chez FKA twigs, le concert n’est jamais une simple restitution : c’est un rituel, une zone de friction entre l’intime et le collectif. Un after-party cosmique, où le public devient partie intégrante de l’œuvre, pris dans le même mouvement de lâcher-prise et de conscience aiguë.
Avec Eusexua Afterglow, FKA twigs rappelle que la musique électronique peut être bien plus qu’un rythme : un voyage dans l’intime, un miroir de nos désirs contemporains et un souffle de liberté dans un monde en tension.
Eusexua Afterglow (2025) de FKA twigs, disponible. Concert à l’Adidas Arena de Paris le 8 juin 2026.




