Art
Nov 26, 2025
La plus vaste rétrospective consacrée à Hajime Sorayama arrive à Tokyo
Tokyo s’apprête à vivre un moment historique dans le monde de l’art contemporain. À partir du 14 mars 2026, le Creative Museum Tokyo de Kyobashi accueillera SORAYAMA : Light, Transparency, Reflection — TOKYO —, la plus vaste rétrospective jamais consacrée à Hajime Sorayama, l’artiste japonais célébré pour ses créations robotiques hyperréalistes et son exploration visuelle de la beauté mécanique.
Conçue par Nanzuka Underground — un acteur majeur des scènes d’art contemporain à Tokyo et au-delà — cette exposition réunit, sur près de cinquante ans de carrière, des pièces emblématiques, des œuvres inédites, des sculptures, des installations vidéo et des archives uniques. Organisée autour de trois concepts fondamentaux — la lumière, la transparence et la réflexion — elle offre une plongée immersive dans l’esthétique singulière de Sorayama, entre fantaisie futuriste et virtuosité technique.
Une quête artistique centrée sur l’invisible
Ce qui distingue Sorayama d’autres artistes contemporains, c’est sa poursuite presque obsessionnelle de l’expression de la lumière — non pas comme simple effet visuel, mais comme langage plastique. Pour lui, représenter la lumière exige de représenter l’air, la transparence et la réflexion dans leurs interactions les plus subtiles. Cette logique n’est pas seulement conceptuelle : elle irrigue toute son œuvre, du détail chromé de ses robots aux surfaces réfléchissantes et miroitantes qui structurent son univers visuel.
À ce titre, l’exposition affirme une stratégie narrative rare : au lieu de juxtaposer des objets, elle propose une progression conceptuelle où chaque section éclaire un aspect de la recherche de Sorayama, comme s’il s’agissait d’un corpus philosophique autant qu’artistique — une manière de penser l’esthétique à travers la physique de la perception.

Du robot originel aux visions futuristes
Parmi les points forts du parcours, plusieurs œuvres historiques dialoguent avec des créations récentes.
On y verra la toute première peinture robotique de 1978, réalisée pour une publicité de whisky — un moment fondateur où le jeune Sorayama fusionne pour la première fois sensualité et mécanique.
On pourra également voir les dessins originaux pour AIBO, le chien robotique imaginé pour Sony à la fin des années 1990, rappellent son rôle visionnaire dans l’esthétique robotique qui a influencé l’imaginaire technologique mondial.
Et on découvrira l’iconographie associée à la pochette du disque d’Aerosmith sur laquelle Sorayama a travaillé — une pièce qui a traversé la culture pop au tournant du siècle.
L’exposition ne s’arrête pas là : des sculptures monumentales, des créations inspirées de dinosaures et de licornes, ainsi que des installations vidéo inédites viennent enrichir le propos et reconnecter l’œuvre à ses influences les plus ludiques et étranges.

Sexy Robot © Hajime Sorayama
Transparence, réflexion, immersion : les nouvelles dimensions de l’exposition
Le parcours est pensé comme une immersion totale. Certaines sections — telles que The Gallery ou Aquarium — mettent en scène des pièces aux surfaces réfléchissantes, des machineries chromées et même un labyrinthe de miroirs qui multiplient les perspectives, jouant sur l’idée de reflet à l’infini et de transparence perceptive.
Cette mise en scène n’est pas gratuite : elle traduit concrètement la conviction de Sorayama que la lumière ne se représente pleinement que lorsqu’elle est prise dans l’air, dans la matière et dans le miroir — une vision qui relie directement le spectateur au processus créatif.

AIBO (1999) © Hajime Sorayama
Un artiste entre design, science-fiction et beauté mécanique
Né en 1947 dans la préfecture d’Ehime, Sorayama a étudié à l’École d’Art de Chuo avant de s’imposer dans les années 1970 comme un illustrateur et créateur mythique. Connu mondialement pour sa série Sexy Robot, qui fusionne esthétique robotique et formes humaines sensuelles, il a profondément marqué l’imagerie de la science-fiction visuelle.
Son travail ne se limite pas à la peinture : il a conçu des formes iconiques pour des collaborations avec Sony, des pochettes d’albums, des maisons de mode et des projets industriels, flirtant constamment avec les frontières du design, du fine art et de la culture populaire.
Une rétrospective historique — et un regard vers demain
SORAYAMA : Light, Transparency, Reflection — TOKYO — poursuit donc une logique d’ambition totale : mettre en lumière un corpus complet et montrer comment Sorayama a su, au fil de cinq décennies, prolonger la quête de lumière et de matière au-delà des frontières du dessin traditionnel.
Plus qu’une exposition, c’est un dialogue entre la peinture traditionnelle et la sculpture numérique, entre le reflet chromé et l’imaginaire collectif, entre l’humain et la machine pensée comme métaphore esthétique. En cela, l’événement se place non seulement comme un jalon majeur pour l’art japonais, mais comme une étape clé de l’histoire contemporaine du design-art.
SORAYAMA : Light, Transparency, Reflection — TOKYO — se tiendra du 14 mars au 31 mai 2026 au Creative Museum Tokyo, Kyobashi, Tokyo.




