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Jan 12, 2026
La saison 4 de "The White Lotus" nous emmène en France, direction Saint-Tropez
Alors que le monde entier a suivi, saison après saison, les drames feutrés, les tensions sociales et les intrigues acérées qui ont fait la renommée de The White Lotus, la série phénomène d’HBO s’apprête à franchir une nouvelle frontière géographique et narrative. Après des escapades enchanteresses à Hawaï, en Sicile et en Thaïlande — chacune exploitant les contradictions d’un lieu de villégiature paradisiaque — la quatrième saison pose ses caméras sur la Côte d’Azur, installant l’action au cœur de la French Riviera, un territoire où glamour et hiérarchie sociale se vivent au grand jour, sous le soleil méditerranéen.
Le choix de la France n’est pas anodin. Depuis que le créateur Mike White a confirmé que la saison 4 se déroulerait sur le sol français, l’effervescence n’a cessé de croître parmi les fans et les observateurs de séries. Alors que les saisons précédentes tiraient parti de ce que les hôtels de luxe et leurs environnements extrêmes pouvaient révéler sur les travers humains, cette fois ce sont les codes du luxe à la française — l’étiquette, l’histoire, les habitudes mondaines — qui semblent avoir inspiré l’équipe créative.
Château de La Messardière : un décor qui s’impose comme un personnage à part entière
Le pivot de cette nouvelle saison est le Château de La Messardière, un palais du XIXᵉ siècle transformé en hôtel cinq étoiles d’exception, perché sur les hauteurs de Saint-Tropez, face aux eaux scintillantes de la Méditerranée. Cette bâtisse chargée d’histoire s’inscrit comme un lieu où le luxe ancien rencontre les attentes contemporaines de l’extravagance. Longtemps propriété de personnalités issues de l’aristocratie française du début du siècle dernier, le château a été méticuleusement restauré pour rouvrir, récemment, en tant que palace prestigieux doté de jardins luxuriants, de vastes terrasses panoramiques, d’un spa somptueux, de plusieurs restaurants gastronomiques et d’un service d’exception dont l’accès à la plage via des transferts en Rolls-Royce.
L’architecture même du lieu — façades claires, perspectives infinies, salons feutrés et corridors cossus — propose une esthétique qui semble faite pour The White Lotus : un monde où l’apparence immaculée, dans chaque détail de décor, masque des tensions prêtes à éclater. La série a souvent traité le luxe comme un miroir social, et c’est précisément cette tension entre éclat extérieur et désordre intérieur qui pourrait trouver ici un terreau fertile.

© Château de la Messardière
Saint-Tropez, mythe français et terrain idéal pour la dissection sociale
Si The White Lotus a toujours choisi ses destinations avec une précision quasi chirurgicale, Saint-Tropez représente sans doute l’un des cadres les plus symboliquement chargés de toute la série. Plus qu’une station balnéaire, la ville incarne une idée du luxe performatif, celui qui se montre, se compare et se met en scène. Depuis les années Brigitte Bardot jusqu’à l’ère des yachts démesurés et des soirées ultra-sélectives, Saint-Tropez est un lieu où la frontière entre argent ancien, fortunes récentes et célébrité éphémère est constamment brouillée. Cette porosité sociale, où chacun cherche à occuper la meilleure place dans un théâtre mondain permanent, fait écho de manière presque troublante aux obsessions narratives de la série. Ici, le décor n’est pas seulement prestigieux : il est chargé de regards, de jugements et de hiérarchies implicites, offrant à The White Lotus un espace idéal pour explorer les dynamiques de domination, d’envie et de désir de reconnaissance.
De la Côte d’Azur à Paris : un itinéraire narratif inédit
Alors que Château de La Messardière constitue l’axe principal du tournage, la production ne se limite pas à ce seul lieu. Des scènes sont également prévues dans d’autres lieux emblématiques de la Côte d’Azur, et même dans un hôtel parisien encore tenu secret, ce qui ouvre la porte à une saison structurée autour d’une géographie narrative plus vaste que jamais. Cette alliance entre la Riviera et la capitale pourrait suggérer un récit oscillant entre vacance hédoniste et mondanités urbaines.
Outre les décors déjà annoncés, il existe des spéculations quant à l’intégration du Festival de Cannes dans l’intrigue. Le calendrier de tournage — s’étalant de avril à octobre 2026, soit juste avant et pendant la tenue du festival — coïncide avec cet événement culturel majeur de la Côte d’Azur. Cette concordance temporelle ne garantit pas une présence narrative du festival à l’écran, mais elle alimente de nombreuses hypothèses selon lesquelles Cannes pourrait figurer dans l’arc narratif d’une saison centrée sur le regard que porte notre société sur le statut, la célébrité et l’opulence.

© Château de la Messardière
Lieux, budget, société de production : une nouvelle ère pour la franchise
Le choix du Château de La Messardière marque également une rupture dans la tradition des saisons précédentes, qui avaient presque toutes été tournées dans des établissements du groupe Four Seasons. Cette fois, c’est l’Airelles Collection, un ensemble de palaces de luxe français, qui abrite l’intrigue principale et offre à l’équipe artistique de nombreux espaces visuels et symboliques à explorer.
Selon les sources, la série, qui suit traditionnellement les parcours entrecroisés de clients fortunés et du personnel de l’hôtel sur une durée d’une semaine, devrait conserver cette structure narrative tout en l’inscrivant dans un environnement social particulièrement codifié et imprégné d’histoire. On imagine des scènes où le ballet invisible des valets de chambre, les dîners au coucher du soleil, les conversations feutrées dans les jardins et les piscines panoramiques deviennent autant de terrains de jeu pour les jeux de pouvoir, les rancœurs et les secrets que The White Lotus aime disséquer avec ironie et cruauté.
Une saison française sous le signe de la parole, du non-dit et de l’élégance toxique
L’arrivée de The White Lotus en France laisse également présager une évolution plus subtile dans l’écriture des tensions. Là où certaines saisons précédentes s’appuyaient sur des confrontations plus frontales ou des excès visibles, le contexte français pourrait favoriser une dramaturgie du sous-entendu, de la politesse feinte et de la violence sociale feutrée. Dans un univers où l’art de la conversation, les codes de bienséance et la retenue sont autant d’armes symboliques, chaque silence, chaque regard et chaque phrase mal interprétée peut devenir explosif. Cette possible inflexion stylistique ouvre la voie à une saison où les conflits ne se révèlent pas immédiatement, mais s’installent lentement, s’accumulent, jusqu’à fissurer l’apparente perfection du cadre. Une manière élégante — et profondément corrosive — de renouveler la mécanique dramatique de la série tout en l’ancrant dans une sensibilité culturelle nouvelle.

© Château de la Messardière
Une date de diffusion encore tenue secrète
À ce stade, aucune date de diffusion officielle n’a été communiquée pour la saison 4 de The White Lotus. HBO se contente pour l’instant de confirmer les lieux et la période de tournage, laissant volontairement planer le mystère sur le calendrier de sortie. Cette absence d’annonce s’inscrit dans la stratégie habituelle de la série, dont les précédentes saisons ont souvent été révélées tardivement, une fois la production bien avancée. Les spectateurs devront donc encore patienter avant de savoir quand ce nouveau séjour sous le soleil français sera accessible à l’écran.
Enjeux créatifs et attentes des fans
Derrière l’opulence des lieux et la scénographie méticuleuse se dessine une question plus profonde : comment The White Lotus utilisera-t-elle la France, et spécifiquement la Riviera, pour commenter nos sociétés contemporaines ? La série s’est toujours distinguée par son regard satirique sur les inégalités, les préjugés et les contradictions de nos sociétés, et la Côte d’Azur — ce lieu de convergence du jet set international, des traditions aristocratiques et du tourisme de luxe — offre un cadre parfait pour poursuivre cette exploration.
Alors que certaines informations sur le casting commencent à filtrer à l’international, avec des noms comme Alexander Ludwig et AJ Michalka déjà annoncés, peu de détails ont été confirmés concernant le rôle que jouera chaque lieu dans l’intrigue — y compris le mystérieux hôtel parisien. Cependant, l’idée d’une saison qui ferait dialoguer la lumière crue de la Méditerranée avec l’élégance plus feutrée de Paris intrigue autant qu’elle excite, promettant un contraste inattendu dans la mise en scène, tout en élargissant le spectre thématique de la franchise.
À mesure que le tournage avancera et que les premières images teasers ou banderoles promotionnelles émergeront, il sera fascinant de voir comment cette saison 4 réinvente The White Lotus tout en restant fidèle à sa capacité de scruter l’âme humaine derrière le vernis du luxe le plus éclatant.
Le luxe comme illusion narrative, une promesse toujours vouée à se fissurer
À travers ce nouveau chapitre français, The White Lotus semble poursuivre une obsession centrale qui traverse toute la série : celle du luxe comme promesse de paix, de maîtrise et d’élévation, constamment démentie par la réalité humaine. La Côte d’Azur, avec sa lumière presque irréelle et son esthétique parfaitement contrôlée, devient le lieu idéal pour raconter cette illusion. Plus le cadre est beau, plus la chute paraît inévitable. Dans cet environnement où tout semble pensé pour effacer l’effort, le temps et la contradiction, les personnages se retrouvent paradoxalement confrontés à ce qu’ils tentent le plus d’oublier : leur solitude, leurs pulsions, leurs failles morales. Cette saison pourrait ainsi prolonger la réflexion amorcée par la série depuis ses débuts, en rappelant que le luxe n’est jamais un refuge, mais un révélateur — un espace où les masques tiennent rarement plus longtemps qu’un séjour.
Sur les hauteurs de Saint-Tropez, là où le luxe promet l’oubli et la douceur, The White Lotus s’apprête une fois de plus à rappeler que ce sont toujours les endroits les plus beaux qui dissimulent les vérités les plus inconfortables.




