Cinéma
Dec 19, 2025
Christopher Nolan convoque le mythe pour réinventer l’épopée avec "The Odyssey"
Christopher Nolan s’apprête à franchir un nouveau seuil. Avec The Odyssey, annoncé pour l’été 2026, le cinéaste britannique adapte l’un des récits fondateurs de la culture occidentale. Un choix qui, chez lui, n’a rien de décoratif : revisiter Homère revient à interroger ce que le cinéma contemporain peut encore faire du mythe.
Revenir aux récits anciens pour penser le présent
Après avoir exploré le temps (Interstellar, Tenet), la guerre (Dunkerque) ou la mémoire collective (Oppenheimer), Nolan s’attaque à L’Odyssée. Non comme un monument figé, mais comme une matière vivante. Le voyage d’Ulysse, ses détours, ses épreuves, ses retours différés entrent en résonance avec une époque saturée de récits rapides, où l’idée même de trajectoire s’est fragmentée.
Chez Nolan, le mythe n’est jamais une simple reconstitution. Il devient un outil pour penser l’expérience humaine : l’attente, la perte, la persévérance. The Odyssey s’annonce ainsi moins comme une fresque antique que comme une réflexion sur le déplacement, le temps long et l’épreuve du retour.
Un casting pensé comme un paysage
Le film s’appuie sur une distribution ample, presque chorale. Matt Damon incarne Ulysse, figure centrale d’un récit traversé par les dieux, les monstres et les compagnons de route. Tom Holland interprète Télémaque, dans une version plus physique et vulnérable de l’héroïsme. Zendaya prête ses traits à Athéna, présence tutélaire et stratégique.
Autour d’eux gravitent Robert Pattinson, Anne Hathaway, Lupita Nyong’o ou Charlize Theron, dans des rôles qui composent moins une galerie de stars qu’un paysage humain et mythologique. Nolan ne cherche pas l’identification immédiate, mais une circulation entre les figures, fidèle à la structure éclatée du récit d’origine.
Le corps comme lieu de récit
L’un des éléments déjà mis en avant concerne l’engagement physique des acteurs, en particulier celui de Tom Holland, qui aurait réalisé une grande partie de ses cascades. Cette insistance sur le corps n’est pas anodine. Dans The Odyssey, le voyage n’est pas abstrait : il se mesure à l’effort, à l’épuisement, à la confrontation avec les éléments.
Chez Nolan, le spectacle passe rarement par l’artifice pur. Il repose sur la matérialité : des corps, des lieux, des contraintes réelles. Le mythe devient alors une expérience incarnée, presque tactile.

Dernière affiche dévoilée pour annoncer la sortie du film © Universal Pictures
Tourner le monde pour reconstruire un imaginaire
Fidèle à son approche, Nolan a choisi de tourner dans des lieux peu exploités par le cinéma : falaises irlandaises, paysages marocains, sites naturels encore vierges de toute iconographie cinématographique. Pour certaines séquences, une ville antique aurait même été construite à Aït Ben Haddou.
Ce choix n’est pas qu’esthétique. Il traduit une volonté de redonner au décor une fonction narrative. Le monde n’est pas un fond : il agit, résiste, impose son rythme. Filmé en pellicule IMAX, The Odyssey ambitionne de faire de la mer, du ciel et de la pierre des forces à part entière.
Un événement, mais pas seulement
À mesure que les informations filtrent, The Odyssey s’impose comme un projet hors norme. Non pas uniquement par son budget ou son casting, mais par ce qu’il tente : ralentir le récit, redonner au voyage sa densité, faire exister l’attente à l’écran.
Dans un paysage cinématographique dominé par les univers formatés et les récits accélérés, Nolan propose une autre voie. Une épopée sans ironie, sans distance cynique, qui assume la grandeur du mythe tout en la confrontant aux exigences du cinéma contemporain.
Vers une nouvelle forme d’épopée
Si The Odyssey tient ses promesses, il pourrait bien redéfinir ce que signifie aujourd’hui le cinéma épique. Non plus une accumulation de batailles ou d’effets, mais une traversée. Celle d’un homme face aux dieux, aux éléments, et à lui-même.
Chez Nolan, le mythe n’est jamais un refuge nostalgique. Il est une question posée au présent : que reste-t-il à raconter, et comment ?
The Odyssey, sortie annoncée au cinéma pour le 15 juillet 2026.




