Cinéma

Dec 21, 2025

"Disclosure Day" : Steven Spielberg rouvre la porte du mystère

Il y a des noms qui, à eux seuls, réveillent une mémoire collective. Steven Spielberg en fait partie. En juin 2026, le cinéaste américain signera son retour à la science-fiction avec Disclosure Day, un film encore entouré de silence, de symboles et de promesses. Et si cette attente fébrile disait déjà beaucoup de ce que le cinéma peut encore provoquer aujourd’hui ?

Depuis The Fabelmans, œuvre intime et crépusculaire sortie en 2022, Spielberg s’était fait rare. Comme s’il avait refermé une parenthèse autobiographique avant de reprendre la route d’un imaginaire plus vaste, plus vertigineux. Avec Disclosure Day, il revient là où il a souvent été le plus juste : dans cette zone trouble où l’inconnu révèle nos peurs, nos espoirs, et notre rapport au monde.


Quand le mystère devient langage

Tout commence par une image. Un œil gigantesque, presque organique, aux contours évoquant un oiseau, placardé sur Times Square et à Los Angeles. Aucun visage, aucun nom. Juste une phrase : “All will be disclosed”. Tout sera révélé. Et une date : 12 juin 2026.

Spielberg n’annonce pas un film, il installe une attente. Une sensation. Une question suspendue. À l’heure où tout se dévoile instantanément, Disclosure Day choisit le secret comme point de départ. Un geste presque radical.

On sait peu de choses du récit, sinon qu’il s’agira d’une « histoire d’OVNI ». Mais chez Spielberg, les extraterrestres n’ont jamais été de simples créatures venues d’ailleurs. Ils sont des miroirs. Des révélateurs. Des présences qui interrogent notre humanité plus qu’elles ne la menacent.


Disclosure Day (2026) © Universal Pictures


Spielberg et la science-fiction : un retour chargé de sens

Des Dents de la mer à E.T., de Jurassic Park à La Guerre des Mondes, Spielberg a façonné notre manière de regarder l’inconnu. Sa science-fiction n’est jamais froide ni technologique : elle est émotionnelle, incarnée, profondément humaine.

Avec Disclosure Day, le cinéaste retrouve le scénariste David Koepp, compagnon de route de longue date. Une collaboration qui laisse présager un récit tendu, accessible, mais traversé de couches de lecture plus profondes. Spielberg ne filme pas les extraterrestres pour le spectacle. Il les filme pour parler de nous, de notre rapport à la peur, à la foi, à ce que l’on ne maîtrise pas.

À presque 80 ans, ce retour à la SF n’a rien de nostalgique. Il ressemble davantage à une synthèse. Comme si Spielberg revenait à ses obsessions fondatrices avec le recul, la maturité et la lucidité d’un cinéaste qui n’a plus rien à prouver.


Colman Domingo dans Disclosure Day (2026) © Universal Pictures


Emily Blunt et Josh O’Connor : visages du doute et de la tension

Pour incarner ce récit encore secret, Spielberg s’entoure d’un casting qui dit beaucoup de ses intentions. Emily Blunt, d’abord. Actrice capable de naviguer entre blockbusters et drames exigeants, elle apporte une intensité émotionnelle rare. De Oppenheimer à Sicario, elle excelle dans les rôles où la tension intérieure compte autant que l’action.

À ses côtés, Josh O’Connor s’impose comme l’un des visages les plus fascinants du cinéma contemporain. De The Crown à La Chimère, puis Challengers, il incarne une génération d’acteurs capables de fragilité, d’ambiguïté, de désir. Son jeu, souvent intériorisé, laisse penser que Disclosure Day misera autant sur les silences que sur le spectaculaire.

Colman Domingo, magnétique et élégant, ainsi qu’Eve Hewson, viennent compléter ce casting pensé comme un équilibre entre puissance dramatique et sensibilité.


Disclosure Day est déjà un film à attendre

Parce qu’il ne promet pas seulement un spectacle, mais une expérience. Parce qu’il pose une question plutôt qu’une réponse. Parce qu’il rappelle que la science-fiction peut encore être un territoire de poésie, d’angoisse et de réflexion, loin des récits formatés.

Disclosure Day s’annonce comme un film sur la révélation, mais aussi sur ce que l’on choisit de voir, ou d’ignorer. Un film qui pourrait parler d’aliens, certes, mais surtout de notre époque : saturée d’informations, avide de certitudes, et pourtant toujours fascinée par l’inexpliqué.

En juin 2026, Spielberg ne reviendra pas simplement au cinéma. Il nous invitera, une fois encore, à lever les yeux vers le ciel — et à nous demander ce que nous sommes prêts à comprendre.


Disclosure Day, de Steven Spielberg, au cinéma le 12 juin 2026 aux États-Unis.

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