Cinéma

Jan 12, 2026

Golden Globes 2026 : une nuit où Hollywood a parlé au monde

Quand les projecteurs se sont allumés au Beverly Hilton Hotel, à Beverly Hills, la tension était palpable. Pas seulement celle, festive, qui précède chaque grand rendez‑vous de la saison des récompenses, mais une émotion presque collective — l’impression que cette cérémonie ne serait pas seulement un hommage aux films et aux séries, mais un moment où Hollywood se regarde dans le miroir du monde.

Peu après 20 h (heure locale), l’émission a commencé. L’ambiance n’était pas simplement brillante — elle était chargée d’une énergie frémissante, entre rires, applaudissements et cette vieille magie qui fait rêver le public depuis des décennies. Nikki Glaser n’a pas hésité à pousser quelques traits d’humour acérés, taquinant aussi bien l’élite hollywoodienne que les absents notoires du tapis rouge. Certaines de ses remarques ont tiré des rires francs, d’autres des sourires gênés — toujours dans le ton de cette cérémonie réputée, à tort ou à raison, pour être moins solennelle que les Oscars

Sur le tapis rouge, les regards et les flashes des photographes n’ont pas faibli. Dans l’air froid de Beverly Hills, les stars étaient enveloppées dans des créations haute couture qui racontaient autant d’histoires que leurs performances à l’écran. L’omniprésence de tenues noires et d’inspirations old Hollywood a dominé, mais chaque style portait sa singularité : des silhouettes gothiques de Jenna Ortega aux éclats colorés d’Emma Stone en jaune beurre. Des acteurs comme Jennifer Lawrence ont choisi des robes transparentes audacieuses by Givenchy, transformant le tapis rouge en œuvre vivante de mode et d’expression


Le cinéma triomphant d’une époque

Sur scène, la dramaturgie et la comédie se sont mêlées à parts égales dans le palmarès. Le film Une Bataille après l’Autre, signé Paul Thomas Anderson, a dominé la catégorie comique avec éclat. Ce film, qui explore avec une noirceur tragique et une satire amère les fractures idéologiques de la société américaine, a remporté plusieurs des prix les plus convoités de la soirée. Anderson a été ovationné pour sa réalisation et son scénario, deux trophées qui venaient saluer sa capacité à faire rire et réfléchir en même temps, tissant un récit aussi drôle que profondément perturbant sur la rédemption et l’obsession. 

L’une des victoires qui a retenu l’attention la plus vive fut celle de Teyana Taylor, sacrée meilleure actrice dans un second rôle pour ce même film. Sur le tapis rouge, sa robe Schiaparelli — à la fois élégante et audacieuse, avec un détail inattendu de dos couvert de diamants — avait déjà fait parler d’elle, et son discours poignant sur scène a transformé ce moment en histoire personnelle autant que collective. 


Leonardo DiCaprio et Julia Roberts © CBS


Du côté des drames, Hamnet de Chloé Zhao s’est imposé. Cette adaptation littéraire de l’histoire intime de Shakespeare et d’Agnes, confrontés à la perte de leur fils, a su toucher le cœur des votants et du public. Jessie Buckley, émue jusqu’aux larmes, a livré une performance d’une rare sensibilité. Dans son discours, elle a évoqué l’importance de ses collègues à l’écran et la famille, rappelant que derrière chaque scénario, il y a des vies, des histoires humaines à partager. 

La consécration de Hamnet n’a pas été qu’une accolade artistique : elle a été interprétée comme un signe clair qu’Hollywood récompense aujourd’hui — avec plus de vigueur qu’il y a quelques années — les œuvres profondément émotionnelles et introspectives, celles qui ne se contentent pas de divertir mais questionnent la condition humaine.

La série Adolescence a été, quant à elle, l’une des grandes révélations télévisuelles de cette 83ᵉ cérémonie, remportant quatre Golden Globes dont celui de la meilleure mini-série. Cette production Netflix explore avec intensité les conséquences d’un drame familial et judiciaire autour d’un adolescent accusé d’un crime, porté par Stephen Graham et Owen Cooper, ce dernier devenant l’un des plus jeunes lauréats de la soirée. Entre performances bouleversantes et narration immersive, Adolescence a rappelé que la télévision peut être aussi puissante et marquante que le cinéma, tout en touchant le cœur du public et des votants.


Des visages nouveaux et des moments devenus viraux

Au cours de la journée, bien avant que la scène ne s’allume, plusieurs célébrités ont révélé des nouvelles personnelles fortes. Wunmi Mosaku, par exemple, a choisi le Golden Globes comme moment pour annoncer publiquement qu’elle attend un enfant, expliquant qu’elle voulait « vivre pleinement le moment » avec son bébé — une déclaration d’une grande sincérité dans un environnement souvent perçu comme superficiel.

La soirée a aussi été marquée par des moments qui ont fait exploser les réseaux sociaux. Timothée Chalamet, qui n’avait jamais encore remporté de Globe malgré plusieurs nominations, a enfin été couronné meilleur acteur dans un film musical ou comique pour Marty Supreme, où il incarne Martin Mauser, un joueur de ping‑pong obsédé par la victoire. Avant de monter sur scène, il a offert un câlin et un baiser à Kylie Jenner, assise dans le public, un instant capturé par des millions de caméras avant sa montée sur scène. 

Et face à la performance charismatique de Timothée Chalamet, Leonardo DiCaprio, pourtant annoncé comme grand favori pour Une Bataille après l’Autre, est reparti sans le trophée.


Jennifer Lawrence et Kylie Jenner © CBS


Un moment touchant et drôle est également venu de Rose Byrne, récompensée pour If I Had Legs I’d Kick You. Lors de son discours, elle a remercié son mari Bobby Cannavale, qui n’était pas présent — il était à… une expo de reptiles au New Jersey, préparant l’arrivée d’un dragon barbu comme animal de compagnie. Le contraste entre ce clin d’œil humoristique et le glamour de la cérémonie a déclenché l’hilarité et l’affection du public. 

Même les réactions des perdants ont été intéressantes : Amanda Seyfried a été filmée en train de réagir avec une frustration humaine et presque comique après avoir manqué deux victoires — un moment de vulnérabilité rare sur ce genre de scène qui a rapidement fait le tour des réseaux. 


Une conscience sociale au cœur du glamour

La dimension politique et sociale n’a pas été absente. Plusieurs célébrités, parmi elles Mark Ruffalo, Jean Smart, Natasha Lyonne et Wanda Sykes, ont porté des badges « Be Good », un hommage discret mais puissant à une femme abattue récemment par les forces de l’immigration américaine, symbolisant l’engagement continu d’Hollywood pour certaines causes sociétales. 

L’intersection entre l’art, la célébrité et l’activisme était tangible : sur le tapis rouge, à la lumière des caméras, il ne s’agissait pas seulement de robes, de discours et de trophées, mais de messages, d’allégeances et de visibilité pour des enjeux réels.


Modes, héritages et influences

Sur le plan stylistique, cette édition a été marquée par un hommage discret mais émouvant à une figure iconique de la mode récemment disparue, Giorgio Armani. Plusieurs acteurs — dont George Clooney, Julia Roberts et Kate Hudson— ont choisi des créations de la maison ou des références à son esthétique classique, symbolisant à la fois élégance et respect pour l’héritage sartoriale qui a longtemps accompagné les grandes cérémonies. Clooney lui‑même s’est essayé à quelques mots en français, clin d’œil à sa récente naturalisation française et à un public international qui suit la cérémonie partout dans le monde. 


Le casting et les producteurs de Adolescence, lauréat de quatre Golden Globes dont celui de la meilleure mini-série © CBS


Quand musique, podcasts et formats émergents prennent le relais

Cette année, les Golden Globes ont également marqué une première : la reconnaissance officielle des podcasts. L’émission d’Amy Poehler, Good Hang, a remporté le prix de la meilleure émission podcast, illustrant l’expansion des formats narratifs au‑delà du cinéma et de la télévision traditionnels. Cette ouverture symbolise la façon dont l’industrie élargit désormais son regard pour englober des voix et des formats divers. 

Côté musical, KPop Demon Hunters n’a pas seulement charmé les fans avec son animation haute énergie, mais a aussi remporté le prix de la meilleure chanson originale pour Golden. Un moment festive, célébrant l’influence culturelle mondiale de la musique pop dans l’univers cinématographique, a fait vibrer l’auditoire et les réseaux sociaux. 


Ce que cette nuit dit de l’avenir

À mesure que la cérémonie s’est prolongée dans la nuit californienne, il est apparu que les Golden Globes 2026 représentent bien plus qu’une simple distribution de trophées. C’était une conversation globale entre Hollywood et le public, entre la tradition et l’innovation, entre le spectaculaire et le pertinent. De la mode aux discours, des moments viraux aux engagements politiques, cette édition a été le reflet d’un Hollywood plus conscient, plus audacieux et plus diversifié — tout en restant fidèle à cette magie que des générations ont appris à aimer. 

Alors que l’attention se tourne maintenant vers les Oscars, dans moins de deux mois, beaucoup des victoires, des performances et des messages de cette cérémonie resteront gravés dans l’esprit du public. Ceux qui ont triomphé, ceux qui ont touché les cœurs et ceux qui ont surpris — chacun d’eux a contribué à faire de cette nuit du 11 janvier 2026 un chapitre vibrant et mémorable dans l’histoire des Golden Globes.

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