Cinéma
Dec 18, 2025
"Hunger Games" : pourquoi Panem n’a jamais cessé de nous parler
Il y a des sagas qui vieillissent. Et puis il y a celles qui, à mesure que le monde se durcit, gagnent en résonance. Hunger Games appartient à cette seconde catégorie. Treize ans après la sortie du premier film, la dystopie imaginée par Suzanne Collins s’apprête à revenir sur grand écran avec un nouveau long-métrage, Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson, attendu en novembre 2026. Une annonce qui dépasse largement la simple nostalgie.
Car Panem n’a jamais vraiment quitté notre imaginaire collectif.
Une saga qui a façonné toute une génération
Entre 2012 et 2015, Hunger Games a redéfini le cinéma young adult. Portée par Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson et Liam Hemsworth, la saga racontait une Amérique dystopique où la violence devenait spectacle, où la télévision transformait la mort en divertissement national. Chaque année, des adolescents étaient tirés au sort pour s’entretuer sous l’œil du Capitole — et sous celui des spectateurs.
Avec près de trois milliards de dollars de recettes, la réussite fut immense. Mais son impact ne se mesurait pas qu’au box-office. Hunger Games parlait de domination, d’inégalités, de propagande, de résistance. Et surtout, d’une jeunesse contrainte de grandir trop vite. Katniss Everdeen n’était pas une héroïne classique : elle était une survivante.

Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson (2026) © Lionsgate
Revenir en arrière pour mieux comprendre
En 2023, la saga prenait un virage inattendu avec La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur. Loin de Katniss, le film remontait le temps pour explorer la jeunesse de Coriolanus Snow, bien avant qu’il ne devienne le président tyrannique de Panem. Une plongée trouble dans la fabrication du mal, portée par une romance ambiguë et une réflexion glaçante sur le pouvoir, la manipulation et la naissance du spectacle politique.
Ce préquel montrait déjà ce qui fait la force durable de l’univers Hunger Games : sa capacité à raconter l’Histoire par ses zones d’ombre. À comprendre comment un système oppressif se met en place, normalise la violence, transforme l’horreur en rituel.
Lever de soleil sur la moisson : le point de bascule
Avec Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson, la saga s’attaque à un moment clé de son chronologie. L’intrigue se situe quarante ans après La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, et vingt-quatre ans avant les événements du premier film. Un entre-deux crucial.
Le récit se concentre sur Haymitch Abernathy, futur mentor alcoolique et brisé de Katniss, ici encore jeune, amoureux, plein d’illusions. Nous sommes à l’aube des 50e Hunger Games, une édition particulière — le Quarter Quell — où deux fois plus de tributs sont envoyés à l’arène. Une surenchère de cruauté pensée comme un avertissement.
Haymitch est arraché à ce qu’il aime, jeté dans une mécanique conçue pour le broyer. Et très vite, il comprend que ces Jeux ne sont pas faits pour être gagnés. Ils sont faits pour écraser. Mais c’est précisément là que quelque chose déraille.

Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson (2026) © Lionsgate
Un casting comme un miroir des générations
Pour incarner ce nouveau chapitre, la production mise sur un casting impressionnant. Joseph Zada et Whitney Peak prennent les rôles principaux, entourés d’acteurs confirmés comme Elle Fanning, Maya Hawke, Glenn Close, Ralph Fiennes et Jesse Plemons. Un mélange de visages neufs et de figures iconiques, à l’image de la saga elle-même.
Mais la véritable onde de choc est venue en décembre 2025 : Jennifer Lawrence et Josh Hutcherson feront leur retour. Katniss et Peeta, les visages mêmes de la rébellion, réapparaîtront dans ce nouvel opus. Leur présence agit comme un pont émotionnel entre les époques — et rappelle que certaines blessures, comme certaines luttes, ne disparaissent jamais vraiment.
Pourquoi Hunger Games revient maintenant
Ce retour n’est pas anodin. À l’heure où la violence est à nouveau médiatisée, commentée, transformée en contenu, Hunger Games redevient une grille de lecture du réel. La saga parle de manipulation de masse, de spectacle permanent, de pouvoirs qui testent les limites de l’acceptable.
Lever de soleil sur la moisson promet de montrer le moment où la révolte n’est pas encore un symbole, mais une intuition fragile. Où résister coûte tout. Où l’espoir naît dans la perte.
Panem n’est pas un simple décor de science-fiction. C’est un miroir déformant, mais terriblement familier. Et c’est sans doute pour cela que, plus d’une décennie plus tard, nous sommes toujours prêts à y retourner.
Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson de Francis Lawrence, au cinéma le 25 novembre 2026.




